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Comment gagner un séjour à Saly ?

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En ces temps de crise, beaucoup de touristes se demandent comment voyager à moindre frais. La réponse est à chercher d'une part dans la raison de l'achat de votre séjour à Saly et d'autre part dans le Code civil et dans le code de la consommation.

Car la plupart des clients achetant un séjour avion + hôtel (les seuls qui soient concernés par cette possibilité de séjour gratuit ou plutôt "100% remboursé") viennent à Saly pour la mer et la plage qu'ils ont vue dans la brochure de leur agence de voyage ou sur les photos de leur site de vente de séjours en ligne. Or, si quelques tour opérateurs ont pris soin, devant les risques juridiques et financiers, de supprimer toutes les photos de plage, la plupart continuent de diffuser des images prises il y a 10 ou 15 ans et montrant de vastes plages de sable jaune.

Photo à droite : capture d'écran du 25 avril 2014 du site de Nouvelles Frontières commercialisant le Royam à Saly avec une plage immaculée et ayant le mérite d'exister.... Photo qui doit dater d'il y a de nombreuses années.

Et c'est là que le bât blesse ! Car le critère décisif qui vous a poussé à acheter votre séjour (et même si ce n'était pas le cas il eut été logique que ce le fût - c'est la classe l'imparfait du subjonctif) c'est bel et bien la belle plage que vous avez vue en photo à l'achat de votre voyage.


Photo ci-dessus : plage de l'hôtel Les Filaos, Nouvelles Frontières. Les blocs de bétons et sacs de riz forment le décor apocalyptique d'une plage de quelques mètres de large où les touristes doivent composer avec les ouvriers qui chaque jour remblaient le talus.

Or cette plage n'existe plus. Pire, pour prévenir la submersion pourtant inéluctable de la plupart des hôtels de Saly par une mer qui monte inexorablement, les hôteliers tentent, par les moyens les plus vains, de retenir les derniers grains de sable. Blocs de ciment qui font ressembler certaines parties du littoral salygoth aux plages de Normandie la veille du D-DAY, sacs de riz remplis de sable entretenus à grand renfort de manoeuvres sénégalais qui les remplissent chaque jour à la brouette pendant que les pauvres clients les regardent passer à 10cm de leur chaise longue, bétonnage à outrance mais bien inutile de centaines de mètres de côte ou empierrages qui rendent la baignade dangereuse voir impossible ::::: RIEN N'EST EPARGNE AU PIGEON QUI AURA ACHETE UN SEJOUR DANS CES HÔTELS.

Photo à gauche : la plage du Royam en vrai en mars 2014... à marée basse. Les blocs de béton au premier plan sont submergés à marée haute et le muret du fond contient les vagues pour les quelques semaines à venir jusqu'à la prochaine tempête...

La plupart des grands hôtels de Saly situés en bord de mer sont concernés par ces pratiques commerciales trompeuses des TO et agences de voyages : Hôtels les Filaos, Hôtel Palm Beach Framissima, Hôtel Royam, Hôtel Espadon, Hôtel Hibsicus, Hôtel Saly Princess, Hôtel Cocobay, etc....

Photo à droite : capture d'écran du site Leclerc Voyages proposant un séjour à l'hôtel Espadon (4*) pour 1264€ par personne au bord de la plage présentée en photo. Là encore, l'image date d'il y a de nombreuses années, à une époque où la plage existait et qu'il ne fallait pas traverser les algues et les rochers glissants pour goûter à l'eau de mer...

La plupart des grands voyagistes sont également concernés (à l'exception de Marmara qui montre des photos à peu près fidèles de la plage... ou préfère ne pas en montrer et fait toujours timidement état de "pierres" dans la mer) : Promovacances, Leclerc Voyages, Jet Tours, Fram, Expedia, Nouvelles Frontières, etc....

 

A quoi avez-vous droit ?

Ayant acheté votre séjour en raison d'une plage présentée de façon mensongère par votre agence de voyage comme existante, vous êtes en droit d'obtenir au pire un dédommagement, en pratique un remboursement, au mieux des dommages et intérêts pour les quelques jours passés sur Omaha beach alors que vous avez payé pour Moorea. Nous sommes dans un cas flagrant de publicité mensongère ou plus précisément de "pratique commerciale trompeuse". Car il faut savoir que la brochure ou la description en ligne du séjour font partie intégrante du contrat de vente. Les condamnations sont régulières et particulièrement lourdes et dans des cas aussi clairs que le nôtre, les jeux sont faits !

Photo à gauche : certains hôtels de Saly ont eu le bon goût de construire un mur pour cacher la misère et retarder l'inévitable. A chaque marée, la mer vient creuser le dessous du mur qui finira d'ici quelques mois par tomber sur un touriste.

Vous trouverez en bas de cette page un résumé succint des démarches à entreprendre pour obtenir un dédommagement ou un remboursement de votre séjour, d'abord à l'amiable et ensuite devant le juge.

ATTENTION : la brochure ou le site internet présentant votre séjour doit explicitement montrer des photos de plages. Dans le cas contraire, la publicité mensongère restera difficilement prouvable.

Alors évidemment passer un séjour dans un grand hôtel de Saly est un enfer qui même gratuit s'avère difficile à supporter. Rien ne vous empêche, une fois vous être enregistré(e) à votre arrivée à l'hôtel, d'aller passer votre semaine dans des hôtels indépendants et, si vous êtes vraiment venu(e) pour la mer, de descendre une vingtaine de kilomètres plus bas où la mer est présente et les "antiquaires" absents. Les gros beaufs sur leurs quads commencent à envahir l'ensemble de la côte mais rien n'est comparable à Saly.

Photo à droite : plage de l'hôtel Espadon à marée basse... On voit clairement que les transats sont installés sur une zone de 3 mètres de large, penchée à 45° et retenue par des sacs de riz remplis de sable que l'ouvrier en brouette au fond de la photo est chargé de remplir en permanence pour éviter que ces derniers mètres de solarium ne soient emportés par la prochaine marée. A droite des énormes rochers ont été déposés ici pour tenter vainement de retarder l'échéance fatatle de la disparition de l'hôtel.

Voir de misérables pré-retraitées fonctionnaires se faire bronzer les seins à l'air allongées sur une chaise longue dont les pieds sont à 5 centimètres d'un précipice composé de sacs de riz remplis de sable que des ouvriers sénégalais s'activent à reremplir toute la journée avec des brouettes pour éviter que les premiers bungalows du front de mer ne s'effondrent avant la fin de la saison touristique (ou avant que le propriétaire des murs n'arrive à vendre l'hôtel à des insconscients espagnols qui le visiteraient la nuit à marée basse) a quelque chose de pathétique. Surtout quand au final on s'aperçoit que ce type de touriste pourra être parfaitement satisfait de ses 6 jours/ 7 nuits passés dans un gourbiche à deux doigts de ressembler au Novotel de Phuket 2 jours après le tsunami de Thaïlande.

Photo à gauche : les vilains sacs de sable n'empêchent pas la cahute du gardien de plage de pencher façon tour de Pise. On notera au passage le très esthétique conduit d'évacuation dont on aimerait savoir ce qu'il évacue...

Comment procéder pour se faire indemniser et/ou rembourser ?

NB : Cette procédure concerne les consommateurs résidant en France. La plupart des pays européens proposent cependant une procédure équivalente.

1 - La première étape, afin d'éviter toute modification du site de l'agence ou toute dissimulation de brochure, est de faire des captures d'écran du site où vous avez acheté votre séjour (avec les photos de plage) ou de retrouver le catalogue de l'agence.

2 - La seconde étape est ensuite de prendre un premier contact téléphonique avec votre agence de voyages ou tour opérateur. Certains peuvent parfaitement connaître la situation et avoir prévu des procédures d'indemnisation spécifiques.

Photo ci-dessus: des blocs de béton de plusieurs tonnes sont détruits et emportés par la mer. Derrière, des tonnes de gravats juste devant les chaises longues de touristes ayant payé cher leur séjour...

3 - En cas d'échec de la prise de contact téléphonique, il vous faudra envoyer un courrier de mise en demeure en recommandé avec accusé de réception résumant les faits, apportant des preuves (photos du site internet, brochure ainsi que vos photos à vous ou des photos des plages du débarquement glânées sur Planete-Senegal.com) et présentant vos prétentions. Prenez garde dans ce courrier de demander plus que vous ne le souhaitez vraiment. Car les écrits restent et si vous deviez aller devant le tribunal il vous sera difficile plus tard de demander plus que vous n'avez revendiqué initialement.

4 - Si vous n'avez aucune réponse, ne vous inquiétez pas ! C'est tout à fait normal car en France, la plupart des entreprises sont dirigées par des schbebs qui se disent qu'il y a de toute façon peu de chances que vous ne dépassiez le stade de la mise en demeure et qu'il vaut mieux faire la sourde oreille car une condamnation sur 10 mises en demeure coûte toujours moins cher que 10 indemnisations à l'amiable. Ils ne savent pas encore que vous allez les détromper.

Photo ci-dessus : Saly, station "balnéaire" où la baignade est dangereuse, en partie à cause de rochers et blocs de ciments balancés inutilement dans la mer ces dernières années pour freiner l'arrivée des vagues.

5 - Compte-tenu du fait que votre préjudice sera sans doute inférieur à 4000€ (car si vous avez payé un séjour à Saly plus de 1000€ c'est de l'escroquerie ou l'abus de faiblesse), c'est devant la juridiction de proximité que vous allez engager la procédure. Cette juridiction de proximité, comme son nom l'indique, est forcément à côté de chez vous si vous habitez en France. Si vous avez acheté votre séjour dans l'agence de votre ville ça ne pose de difficulté à personne. Si vous avez acheté votre séjour sur internet, l'agence, même si elle est située à l'autre bout de la France, devra trouver un avocat à côté de chez vous. La déclaration au greffe pour une procédure devant le juge de proximité coûte 35€ (timbre fiscal). C'est un formulaire disponible en ligne (http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F2289.xhtml) et très simple à remplir. N'oubliez pas d'y joindre la mise en demeure envoyée initialement ainsi que vos prétentions et vos preuves. Refusez toute conciliation car vous perdrez du temps : les entreprises ne se présentent jamais aux conciliations.

Photos ci-dessus : certains hôtels (ici l'Espadon) cimentent et enrochent à outrance sans empêcher la mer de ronger la côte à 1 mètre des premiers bungalows qui sont en sursis. La plage, absente à marée haute, n'est qu'une zone vaseuse et pleine de cailloux à marée basse.

6 - L'agence de voyages recevra sous une dizaine de jours une invitation à comparaître devant le juge à une date donnée. Arrivés à cette étape, environ 30% des agences de voyages ou tour opérateurs, même dirigés par les pires schbebs, s'aperçoivent que vous ne plaisantiez pas et qu'en plus de devoir vous rembourser ils devront payer un avocat et subir une mauvaise publicité. Ils se disent alors qu'il ne vaut mieux pas aller plus loin et vous appellent pour tenter une conciliation. Si la somme proposée vous convient, vous pouvez accepter sous réserve d'un paiement immédiat conditionnant l'arrêt de la procédure. Comme dit l'adage, un mauvais accord vaut mieux qu'un bon procès.

7 - Il reste cependant 70% de chances que l'agence aille jusque devant le juge. Il vous faut alors compter une demi-journée de congé pour aller au tribunal. Si jamais vous ne prenez pas d'avocat (renseignez-vous auprès de votre assureur pour savoir si vous n'avez pas une assistance juridique qui paierait ses honoraires) entraînez-vous auparavant à défendre vos arguments. C'est à la portée de tout le monde surtout quand on a des preuves irréfutables. Si vous ne vous sentez pas prêt(e), n'hésitez pas à demander un renvoi (un report) au greffe du tribunal avant le jour de l'audience. Ca fera des honoraires d'avocat en plus à payer par l'agence de voyages et de toutes façons, il y a de grandes chances pour que le jour venu, eux-mêmes demandent un renvoi et que vous ayez ainsi perdu une demi-journée pour rien.

Photo ci-dessus : Des batîments scandaleusement construits sur une plage censée être publique sont emportés par la mer. Quand enfin l'océan aura fini son travail, pourquoi pas fignolé par un véritable tsunami, Saly retrouvera la sérénité d'il y a 20 ans.

Sachez enfin que si vous avez acheté un séjour à Saly ces derniers mois et n'avez pas encore eu la présence d'esprit de vous le faire rembourser, il n'est pas trop tard !

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous contacter ! N'hésitez pas non plus à nous retourner vos expériences.

Vos contributions et commentaires sur le contenu de cette page

  • par finess -2 votes   

    super conseil !! bravo !

  • par etie2ne -7 votes   

    superbe!