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GOREE

Sans doute l'une des visites les plus reposantes de votre séjour au Sénégal. Si vous aimez marcher dans des ruelles calmes et silencieuses, entre des maisons coloniales au charme désuet, vous serez ici au paradis. L’île pendant plusieurs siècles fut à la fois une place forte dans la guerre sans merci que se livraient Français et Anglais et un port franc, avec une activité commerciale considérable. En 1832, sa population était de 5000 habitants. Après la création de Dakar en 1857, la plus grande partie de ses activités fut déplacée sur le continent, notamment en raison de la construction de la voie ferrée entre Saint-Louis et la capitale sénégalaise. Gorée fut peu à peu abandonnée aux communautés religieuses qui y ouvrirent des écoles. En 1931, le nombre de ses habitants ne dépassait pas 600. Gorée est ainsi devenue un symbole classé par UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

 

Certains contestent cette histoire de Gorée qui n’aurait, selon la plupart des historiens contemporains, joué qu’un rôle mineur par rapport aux ports du Golfe de Guinée et d’Angola.
En effet, sur les millions d’esclaves déportés, moins de 500 par an auraient transité par Gorée. Ces mises au point de chercheurs et historiens (dont la plupart sont africains...) ont le malheur d’irriter Boubacar Joseph Ndiaye, l’antique conservateur malade de la maison des esclaves qui, même s'il est bien sympathique, est devenu au fil des ans bien excessif dans ses propos en se laissant aller à certaines divagations poético-politiques qui n’ont pas leur place dans ce lieu qui devrait garder un peu de paix et de recueillement, quelle qu’ait été son importance dans le drame de l’esclavage.

La visite de l'île s’effectue à pied car évidemment (et heureusement) il n’y a pas de véhicule. La visite de la Maison des Esclaves est incontournable sauf si vous refusez de cautionner les fantaisies historico-touristiques de gringos qui ont voulu faire de ce mensonge leur fond de commerce. L'entrée coûte 500CFA (0,75€) et franchement, ça ne vaut pas plus. Le lieu a été mis en scène et "décoré" de manière à culpabiliser le touriste oubliant évidemment de mentionner que ce sont quand-même les chefs wolofs en échange de quelques pacotilles venues d'Europe (ça correspondrait aujourd'hui aux promos de chez Tati) vendaient sans scrupules des hommes et des femmes aux appétits féroces de quelques commerçants européens.

Moins passionnante, mais aussi moins discutable, la visite des Musée de la Femme (photo ci-dessous à gauche) et Musée Maritime (entre 250 et 350CFA l'entrée) vous apprendra plein de choses sur le pays. Ne comptez pas plus de 30mn pour chaque visite. Ensuite vous pourrez enfin vous adonner à faire ce pour quoi Gorée semble avoir été conçue : RIEN. Flâner le long des rues ombragées, admirer le panorama sur la ville, écouter le silence, boire une bonne bière dans l'une des sympathiques gargottes, discutailler avec les habitants du temps qu'il fera le lendemain...

Si vous avez la chance de passer la nuit sur place, votre soirée sera tout aussi agréable. Les amoureux trouveront le site très romantique quand le gros des touristes sera reparti sur le continent. Voir à l'horizon la ville de Dakar animée et bruyante, à la fois si proche et si lointaine donne une drôle d’impression de sérénité.

Conseil : évitez de visiter Gorée en même temps que les 1500 passagers d'un Costa Croisières car vue la taille de l'île, c'est pire qu'Auchan la veille de Noël...

Photos : en haut à droite, le célèbre escalier de la maison des esclaves, deuxième paragraphe la consigne municipale de Gorée à gauche et l'église à droite, troisième paragraphe, vue sur l'océan et le petit fortin-atelier du plasticien Moustapha Démé. Quatrième paragraphe, une fresque de la Maison des Esclaves ravagée par des post-it nous imposant les points de vue douteux de Joseph Ndiaye sur l'esclavage au Sénégal et à gauche le Musée de la Femme Henriette Bathily. Ci-contre à droite, une fresque très colorée sur un mur goréen. Ci-dessus, le débarcadère de Gorée avec l'auberge du Chevalier de Boufflers, le bureau de poste et deux pirogues de pêcheurs. Photos de Corinne Montaillié.

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