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Oussouye

INSECURITE ET CONFLIT EN CASAMANCE : VOIR LA SITUATION

Oussouye est le centre de la région la plus envoûtante de Casamance. C'est la plus grande "ville" à l'ouest de Ziguinchor, sur la rive gauche de la Casamance. C'est autour d'Oussouye que vous verrez la forêt la plus dense du pays. Ce n'est pas par hasard. Cette localité reçoit la plus grande quantité de pluie du pays. Les fromagers immenses côtoient les lianes et les manguiers géants. L'entrée du parc National de Basse Casamance se trouve d'ailleurs à Oussouye. Si le catholicisme est la religion la plus représentée (99% des natifs oussouyois portent des noms chrétiens), l'animisme est omniprésent. C'est aussi la capitale du royaume des Floups. Et le roi des Floups (personnage énigmatique toujours habillé de rouge au milieu sur la photo) est le chef traditionnel d'Oussouye. Il dirige les rites fétichistes et les fêtes traditionnelles. Les Floups sont une des communautés diola. On retrouve cependant à Oussouye toutes les communautés casamançaises : Balantes, Mankagnes, Manjaks etc...
  Voir la page sur la fête du Roi à Oussouye.
  Article sur le nouveau roi d'Oussouye dans le bulletin n°15

Depuis les actions des indépendantistes visant à libérer la Casamance, la vie de ce chef lieu de département (la ville accueille une préfecture) est rythmée par les va-et-vient des véhicules militaires de la caserne. A part cela, les activités, conditionnées par les différentes étapes de la culture du riz, suivent leur bonhomme de chemin. Pendant l'hivernage si nourricier, le village est en émoi. Les élèves terminent leurs derniers jours d'école, la famille partie à Dakar ou Ziguinchor revient pour aider aux travaux des champs. Oussouye revit. Malgré les contrôles incessants des militaires qui s'acharnent sur les jeunes Oussouyois, le village ressucite.

Singalène (salut à notre ami Charles Badiatte et à la famille Diamacoune très accueillante et pleine de dignité), Kalabone (où durant les mois d'hivernage de 1997, une longue fête de circoncision qui n'a lieu que tous les vingt ans s'est déroulée), Karounate, Edioungou, etc... sont des quartiers qui ont chacun leur vie, leurs animations et leur culture. On cite souvent Malraux quand on parle d'Oussouye. L'écrivain a eu en effet la chance de découvrir cette bourgade fantastique habitée par un des peuples les plus intègres d'Afrique doté en plus d'une grande conscience de son environnement. Cherchez un sac plastique traînant par terre à Oussouye ! Vous n'en trouverez pas à part devant les boutiques des étrangers au village.

Sa position centrale en Basse-Casamance, son passé prestigieux, sa culture précieuse lui permettra un jour peut-être d'occuper une position administrative plus importante... Tous ceux qui ont eu la chance de connaître Oussouye sont encore envoûtés. Les fromagers géants y sont pour quelquechose. Les boekins (génis) nous forcent-ils au respect ? Les ouvrages écrits par des Européens, qu'ils soit chercheurs, étudiants, voyageurs, écrivains, ethnologues, historiens etc... traitant d'Oussouye sont innombrables. Ce n'est pas pour rien.

Les pères piaristes, une congrégation de prêtres espagnols, ont fondé une mission en 1971 et ils accueillent aujourd'hui la plus grosse partie des élèves du village dans leur établissement qui est à la fois école primaire et collège. Ils ont également fondé le Centre de Promotion Agricole de Mlomp, le village voisin, pour y accueillir ceux qui formeront la nouvelle génération d'agriculteurs initiés aux techniques modernes. Pour cette initiation, deux jeunes Espagnols diplômés en agriculture et effectuant leur Service National arrivent tous les seize mois pour donner des cours aux élèves casamançais. Toute cette communauté vit dans une bonne humeur typique aux Espagnols et l'humour des quatre pères piaristes, principalement du père Paco Bellafonte, nous fait vite oublier l'Inquisition espagnole ! Visitez absolument le site internet de la congrégation, qui en plus d'être bien illustré de superbes photos, présente en outre le CPA de Mlomp, l'école et les projets.
Les sœurs, quant à elles, dirigent une chorale qu'il faut vraiment entendre. Ils répètent chaque soir à la nouvelle église d'Oussouye. Vous pouvez bien-sûr entrer et écouter, rien ne leur fera plus plaisir qu'un spectateur étranger.

Nous vous conseillons également d'aller devant la prison d'Oussouye qui gère ses détenus d'une façon exemplaire. Vous pourrez trouver devant ce centre de détention de nombreux objets d'artisanat fabriqués par les prisonniers et dont les bénéfices leurs reviennent intégralement. Ce sont également ces mêmes prisonniers qui apprennent le métier de boulanger et fabriquent ainsi le pain d'Oussouye (le pain «normal» vient chaque jour soit du Cap Skirring soit de Ziguinchor). Ne manquez pas d'en acheter. Ces petits pains sont absolument délicieux et ressemblent un peu à du pain brioché lorsqu'ils sont mangés chauds. Ils sont vendus 50CFA et le bénéfice est également reversé aux prisonniers-apprentis.

A partir d'Oussouye, ne manquez pas de visiter les petits villages alentours qui se disent «banlieue» du chef-lieu du département. C'est le cas d'Oukout et de Karounate.

Incontournable également, la visite de la «garderie». C'est le plus bel ouvrage d'architecture de toute la ville et sûrement de la région. Il s'agit d'une espèce d'immense case construite avec des troncs entiers de palmiers-rôniers qui reposent sur des dalles directement enfoncées dans le sol. Des pièces fermées qui permettent d'abriter du matériel et des terrasses ombragées gigantesques (en bas et au premier étage) rendent ce lieu vraiment paisible. Cette grande case servait de garderie d'enfants lorsque, durant l'hiver-nage, les hommes cultivent et les femmes plantent le riz. Aujourd'hui, l'édifice héberge l'entreprise artisanale «Métissage», spécialisée dans la réalisation de meubles et d'objets décoratifs. Vous pouvez y jeter un oeil.

Photo à gauche : la "garderie" d'Oussouye (plus grand édifice construit de manière traditionnelle en Casamance) durant une fête locale

Si vous êtes au mois d'août au Sénégal, passez absolument la fête du 15 août à Oussouye. Au coeur de l'hivernage, cette manifestation se déroule à chaque fois sous des trombes d'eau ! Sous des déluges bibliques même ! Mais ça fait partie de la fête. Avec un bol de cajou et une bouteille de Pastis (en option !) vous serez prêt pour la soirée qu'organisent chaque année les jeunes du village à la salle polyvalente. Sachez que durant la semaine du 15 août, la population d'Oussouye est multipliée par quatre ! En effet, tous les jeunes chassés par le chômage, le manque d'école et les brimades des militaires sénégalais quittent Dakar pour revenir au village. Certains ne restent qu'une semaine, d'autres reviennent durant deux mois pour participer aux travaux agricoles. Même les intellectuels et émigrés en vacances mettent la main à la pâte pour remuer la terre pleine d'eau avec un splendide kadiandou, outil agricole diola.


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