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Carabane

Les 300 habitants de Carabane essayent de faire renaître leur belle localité. Cette île, qui fût le premier comptoir français dans cette Casamance guerrière résistant aux explorateurs européens, est un lieu étrange où la vie semble s’être arrêtée il y a deux siècles. L’église bretonne en ruine, souvenir d’un passé colonial glorieux, ne fait qu’accentuer cette sensation de désolation. L’île est accessible par deux voies. La première est une pirogue au départ d’Elinkine. Le trajet prend 10 à 15 minutes car le débarcadère de Carabane est orienté vers le Nord et la pirogue doit faire le tour de l’île. Le prix du trajet variera en fonction du nombre de personnes. Si vous attendez que parte une pirogue qui doit de toute façon aller vers Carabane, ne dépassez pas 500CFA (0,75€). Si vous la louez, le prix peut aller jusqu’à 5000CFA (7,5€). En règle générale vous n’aurez pas grande difficulté à négocier le prix à l’aller. Pour le retour, c’est une autre affaire car si vous n’acceptez pas leur prix, vous êtes condamnés à rester sur l’île jusqu’à la fin de vos jours ! Les pirogues sont évidemment motorisées.
La deuxième voie d'accès peut intéresser ceux qui sont au Cap Skirring : il s'agit de Kachouane, tout au bout de la piste de Diembereng. Là encore, les pirogues doivent contourner toute l'île pour arriver jusqu'au village de Carabane. Prix et durée de navigation identiques à la liaision depuis Elinkine.

Photos : à droite, la plage principale de Carabane avec à l'arrière plan l'hôtel de Carabane. Ci-dessous à gauche l'église bretonne en ruine de Carabane (photo A. Giorgio)

Jadis, le Joola avant son dramatique naufrage le 27 septembre 2002 au large de la Gambie faisant plus de 1500 morts s’arrêtait à Carabane pour les touristes visitant l’île maissurtout pour que les voyageurs se rendant à M’lomp, Oussouye, Elinkine ou même Cap Skirring évitent d’aller jusqu’à Ziguinchor pour revenir ensuite sur leurs pas. L’arrêt à Carabane durait environ une 30mn pour que passagers et marchandises descendent. Le tout d’une manière rocambolesque car le bateau ne pouvant atteindre le débarcadère, des pirogues faisaient la liaison. Elles étaient évidemment bondées et elles tanguaient d’une façon inquiétante à chaque nouveau passager embarqué. Le Joola était en grande partie responsable du succès de Carabane. En effet, de nombreux passagers embarqués à Dakar montaient pour aller jusqu’à Ziguinchor. Le mal de mer en poussait une énorme partie à s’arrêter à Carabane puisque cet arrêt avait lieu autour de 8h00 du matin alors que l’arrivée à Ziguinchor était prévue pour midi ! Certains descendaient même sans savoir qu’il s’agissait d’une île !

C’est pour son atmosphère que vous irez à Carabane. Point de routes, de voitures ni même d’eau ou d’électricité. Chaque campement ou hôtel est autonome grâce à des puits et à des groupes électrogènes. Vous comprendrez après une brève visite de l’île que ses habitants sont avant tout agriculteurs. En effet les rizières occupent la plus grande partie des terres. Une autre bonne partie (côté Sud) est inhabitable et inexploitable car recouverte de mangrove et d’eau salée à marée haute. Le village est très petit et dégage incontestablement un sentiment de bien-être, de Paradis. Une bonne noix de coco gorgée de lait finira de vous convaincre ! Vous pourrez si vous le souhaitez vous baigner - pourquoi pas avec des dauphins qui sont très souvent visibles dans cette zone - mais sachez que l'eau de l'estuaire, même si elle n'est pas polluée, est chargée de limon et terre.

Une des curiosités de Carabane réside dans la tombe du capitaine Protêt. Cet officier de l’armée coloniale française tué par une flèche empoisonnée tirée par les guerriers diolas désira se faire enterrer debout. Il demanda même qu’on laissa un trou dans le haut de sa tombe pour qu’il puisse à jamais surveiller ces «rebelles» qui le tuèrent. Des religieux jugèrent bon, plus tard dans l’histoire, de boucher ce trou. Le gouvernement sénégalais pourrait s’inspirer de cette leçon d’histoire.

Photo à droite : la tombe protégée du capitaine Protêt

  Page sur l'Omega, autre navire faisant escale à Carabane


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