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Les Cauris

art divinatoire au sénégal

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La première est une dame d'une soixantaine d'années qui habite la Médina. Elle nous reçoit un vendredi, et ce jour étant celui des prières, elle ne sortira pas les cauris. Tout en vaquant à ses occupations, elle nous explique qu'elle est sérère. Elle est née aux alentours de Joal – centre d'une région principalement habitée par cette ethnie. Son mari est de parents lébou et sérère. Après leur mariage, ils se sont installés à Dakar. Elle pratique la voyance depuis l'âge de 25 ans environ et nous explique qu'on ne peut faire ce métier trop jeune. Il faut avoir une certaine maturité. Sa mère et sa grand-mère étaient elles-mêmes jeteuses de cauris.

C'est Dieu qui lui a donné le don. Les cauris ne suffisent pas à prédire l'avenir. Il faut avoir quelque chose en soit de profond que seul Dieu peut donner, nous dit-elle. Manifestement, l’aspect spirituel et religieux est très important pour les cauristes qui s’estiment dotés d’un pouvoir divin.

C’est le cas de Neïbaï, une dame d'une cinquantaine d'années qui habite Thies et que nous avons rencontrée à Dakar. Magnifique dans son boubou orangé, c’est une dame avenante qui aime parler de sa vie et de son travail. Elle est wolof. Ses parents n’étaient pas jeteurs de cauris mais son grand-père l’était. Elle a commencé la voyance à 18 ans. Elle s’est aperçue qu’elle avait un don lorsqu’elle s’est amusée à prédire l’avenir à des amis autour d’elle.

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La voyance se fait avec douze cauris au minimum. Neïbaï en utilise trois de plus. Elle n’a jamais utilisé d’autre support que les cauris (comme le sable ou le Coran). Elle les jette autant de fois qu’elle souhaite visualiser quelque chose et le plus souvent, à l’arrivée, il y a un cauri qui se détache de tous les autres et qui désigne le "client".

Elle nous explique que lorsqu’elle "voit" de mauvaises nouvelles, elle ne le dit pas directement à son interlocuteur mais lui suggère de faire des sacrifices (tuer un poulet blanc, donner quelques pièces à des jumeaux...).

Elle m’a prédit la réussite sociale, l’argent et le mariage !

Bibliographie

  • Encyclopédie Universalis, 1998

  • Magazine Afrique histoire, n°10/1984, Dakar, 1984, pp. 27 à 32

  • Revue Ethiopiques, n°15, Dakar, 1978, pp. 24 à 35

  • Revue Notes africaines, éd. I.F.A.N., Dakar, 1984, notamment l'article de Amar Samb : Les systèmes de divination en Afrique noire.

Le marabout-devin
(sans date)
Babacar Lô